L'OASIS IMPÉRIALE ENTRE NEIGE ET DÉSERT
Des palmiers verts sur fond de montagne enneigée. Une muraille orangée qui se découpe sur l'azur du ciel. A Marrakech, les couleurs exaltent l'inouï mélange de styles des monuments hérités des dynasties passées. Art almoravide, celui des premiers temps, sobre et délicat ; art almohade, splendide et épuré comme son porte-drapeau, la mosquée de La Koutoubia ; art saâdien, excessif à force de richesse.
A Marrakech, l'histoire se lit dans les bois sculptés, usés par les années de la médersa Ben Youssef, dans les stucs ciselés des tombeaux Saâdiens, dans les zelliges (marqueterie de faïences) et les zouaqs fleuris (peintures sur bois) du palais de La Bahia. Et dans les derbs (ruelles) qui dévident à l'infini des murs aveugles tout juste percés de portes monumentales. Derrière, de suaves parfums de fleurs d'oranger ou de jasmin révèlent la présence d'un jardin, un riad peut-être ? Silence. Monde clos sur ses rêves. Loin de la clameur des souks qui battent comme un gros coeur en plein centre de la médina. Dans les bazars, l'opulence est partout. On marchande, on s'émerveille devant les tapis et les étoffes, on s'enivre du parfum des épices, on s'étonne devant l'acrobate, le guérisseur ou le charmeur de serpents. Place Jemaâ-el-Fna, la fête bat son plein, comme chaque jour depuis près de mille ans déjà : le conteur commence son récit : "Saviez-vous que sur cette place le sultan Ahmed Al-Mansour,
que Dieu ait son âme, voulait édifier une grande mosquée."
L'ART DES JARDINS
Aucune cité du Maroc n'a poussé aussi loin l'amour de la verdure que Marrakech, érigeant en véritable art de vivre, la nzaha, la promenade dans les jardins. C'est d'ailleurs ici que les souverains almohades inventèrent un nouveau type de jardin, doté de vastes bassins d'irrigation et ouvert sur l'environnement : l'agdal. Aujourd'hui encore, les marrakchis aiment flâner dans les vergers du jardin de l'Agdal aux portes du palais Royal, et le long du grand bassin de La Ménara. Le dimanche et les jours de fête, chaque groupe choisit son arbre. Un réchaud en terre, une théière, et en avant pour le déjeuner : un tajine ou, mieux encore, une tanjia (voir notre recette), spécialité marrakchie. A l'origine, ce sont les artisans qui préparaient la tanjia pour leur repas en enfournant dans une jarre en terre (tanjia qui a donné son nom au plat) viande, ail, beurre clarifié (smen) et citrons confits qu'ils allaient ensuite porter pour le faire cuire au farnatchi, le four du hammam. La coutume perdure : la tanjia
reste le plat de sortie des célibataires quand ils se réunissent sous les ombrages des jardins millénaires de Marrakech.
LA RECETTE (La Tanjia)
Faire revenir dans du beurre, dans une marmite, 1,5 kg de viande d'agneau coupée en morceaux avec une cuillère à café de gingembre, de cumin et de safran et une pincée de muscade. Ajouter une dizaine de gousses d'ail, une cuillère à café de sel, et trois citrons confits coupés en petits morceaux. Quand la viande est bien revenue, ajouter un litre d'eau et porter à ébullition. Cuire ensuite à feu doux 1 h 30 à 2 heures, en vérifiant de temps à l'autre la consistance de la sauce qui doit être fondante et onctueuse.
Excursions
- Asni et Ourika : 41 euro (1 journée - 200 Km)
- La vallée de l'Ourika : 21 euro* (1/2 journée - 120 Km)
- Essaouira : 41 euro (1 journée - 320 Km)
- Ouarzazate : 50 euro (1 journée - 420 Km)
- Tifriouine en 4x4 : 72 euro (1 journée - 150 Km)
*Excursions sans repas
Remarque : Le départ pour les excursions est garanti à partir de 4 personnes.